"Où se trouve ce qui manque? Peut-être seulement ici, où cela manque."
Roberto Juarroz

"Même si le lieu de méditation est exigu, il renferme l'univers.
Même si notre esprit est petit, il contient l'illimité."
Sekito Kisen

samedi 25 février 2012

L'insecte carnassier des signes se gorge d'un sommeil troublé par la fièvre de l'encre.

mardi 7 février 2012

Le reflet de ton pur-sang se recueille dans le givre. Quand l'épilogue de sa fougue se mélange à la litière de tes forces et à la crinière écumeuse des nuits.

mercredi 18 janvier 2012

Les phrases éloignent ce que l'écriture commence. Chaque mot éparpille l'indéchiffrable alphabet de nos nuits. Quand s'inventait une langue où la moindre variation de ton corps de feuillage devenait un nouveau bruissement à mes lèvres.

jeudi 5 janvier 2012

Combien d'attentes ne font que chercher en elles-mêmes le point où le dernier espoir de retour de ce qui est attendu sera aboli?

mercredi 28 décembre 2011

Audience de l'hiver dans la chambre: une poitrine de neige lente recouvre le dos noir du sommeil.

lundi 12 décembre 2011

La séparation dépose sur la nuit de ceux qui attendent, la craie de tes gestes.

lundi 28 novembre 2011

Que vois-tu derrière tes paupières doucement brodées par l'attente?

mercredi 23 novembre 2011

Ceux qui cherchent à t'approcher, sans emprunter le lent labyrinthe du désir, égarent ton visage le plus secret.

mardi 22 novembre 2011

Il est impossible de guérir du sortilège des coutures. Effacer la piqûre des images au commencement de la mémoire. Délier le travail de l'aiguille au plus près des prunelles.

mercredi 9 novembre 2011

Jeter mes vieilles silhouettes sous la herse des pluies pour que ne batte plus leur écho fait d'ombres et de mauvais sommeils. Les plus légères savaient détourner vers leur cœur le fossile d'un regard. Les plus sombres se maquillaient avec l'éclat bleu des fougères.

samedi 5 novembre 2011

La mâchoire de tes silences ne menace rien. Elle rêve de l’appétit  des bêtes qui la rongent.

samedi 29 octobre 2011

Aller de sommeil en sommeil, de paroles cherchées en paroles tues, pour deviner que dans l'aubier du corps, le temps blanchit la chair, imprègne l'épopée des saisons dans la fine couche arable de la peau.