Rester à l'abri dans la haie, jusqu'à se changer en quelque chose de minuscule. Une divinité impalpable. Un insecte indomptable. Pour dévaler l'infini des prairies.
Vocation du minuscule à ouvrir sur l'infini / poésie des choses anoblies par ce qui les abîme.
Roberto Juarroz
"Même si le lieu de méditation est exigu, il renferme l'univers.
Même si notre esprit est petit, il contient l'illimité."
Sekito Kisen
samedi 9 juin 2018
lundi 14 mai 2018
samedi 17 mars 2018
Petite dédicace à V.S.
« Voir la puissance
jusque dans la désolation... » *
...et trouver au dernier
stade de la désolation, la légèreté. Douce, meurtrie, révoltée
ou insouciante. Un souffle caressant le rêve des ruines, le bal des
herbes sauvages qui s 'obstinent sous le vent à laminer ce désert dont plus personne n'acquitte le bail.
* Vassillia Shagurin
jeudi 1 mars 2018
dimanche 5 mars 2017
Je me suis recroquevillé
dans le sommeil comme une graine livrée à l'éternité
de la terre. Flottant entre le ralentissement extrême des
forces et la précipitation des images et des rêves. De gels en sécheresses avec une promesse très lointaine à
tenir. Même dans l'état de la plus profonde hibernation,
guetter le signal qui lèverait la dormance. Pour que puisse
éclore la vision de tous les ciels à venir.
dimanche 12 février 2017
Pour que les regards
s'embarquent vers l'étendue des tourbières, traversent
les barrières à l'horizon, découvrent ce que
l'ambre a fixé. La limaille des automnes chuchotées
depuis l'enfance. La fatigue des grandes migrations et la corrosion
des forêts.
Pour que les visages
s'apaisent, débardés de la broussaille des rides et des
rictus. Tout contour estompé, tout détail révélé
pour qui finit dans l'alvéole captive des saisons.
mardi 1 novembre 2016
mercredi 22 juin 2016
mercredi 11 mai 2016
samedi 2 avril 2016
Lave
ton visage dans le miroir de la page. Pour toucher cet espace sous la
peau qui ne peut être rincé que par la fraîcheur
des pluies nouvelles. Cet intervalle irrigué par les plus
fines veines de l'encre. A peine coloré, à peine
réchauffé par ce qui s'échange de plus secret.
Des images pionnières. Des couleurs nutritives. Le pollen des
mots fécondant le livre à venir, ce livre
impossible enroulé vers l'origine d'une phrase unique. Cette phrase immensément désirée. Au-dessus de son reflet, un visage dépouillé de son
mystère.
lundi 14 mars 2016
Il
y a maintenant quelque chose qui recommence à bouger. Un
tremblement dans le vide. Un bourgeon de chair rescapé du
givre qui se réchauffe à partir de rien. Le réveil
d'un regard longtemps fermé par les paupières de la
terre, par des cernes d'écorce. Et ce n'est encore qu'une
sorte de lumière, un reste d'énergie qui s'étonne
d'elle-même. La reprise conjointe de la sève et du sang.
Bientôt des feuilles ou des yeux s'ouvriront avec la lenteur de
l'innocence et la puissance de la foudre.
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