Je me suis recroquevillé
dans le sommeil comme une graine livrée à l'éternité
de la terre. Flottant entre le ralentissement extrême des
forces et la précipitation des images et des rêves. De gels en sécheresses avec une promesse très lointaine à
tenir. Même dans l'état de la plus profonde hibernation,
guetter le signal qui lèverait la dormance. Pour que puisse
éclore la vision de tous les ciels à venir.
Vocation du minuscule à ouvrir sur l'infini / poésie des choses anoblies par ce qui les abîme.
Roberto Juarroz
"Même si le lieu de méditation est exigu, il renferme l'univers.
Même si notre esprit est petit, il contient l'illimité."
Sekito Kisen
dimanche 5 mars 2017
dimanche 12 février 2017
Pour que les regards
s'embarquent vers l'étendue des tourbières, traversent
les barrières à l'horizon, découvrent ce que
l'ambre a fixé. La limaille des automnes chuchotées
depuis l'enfance. La fatigue des grandes migrations et la corrosion
des forêts.
Pour que les visages
s'apaisent, débardés de la broussaille des rides et des
rictus. Tout contour estompé, tout détail révélé
pour qui finit dans l'alvéole captive des saisons.
mardi 1 novembre 2016
mercredi 22 juin 2016
mercredi 11 mai 2016
samedi 2 avril 2016
Lave
ton visage dans le miroir de la page. Pour toucher cet espace sous la
peau qui ne peut être rincé que par la fraîcheur
des pluies nouvelles. Cet intervalle irrigué par les plus
fines veines de l'encre. A peine coloré, à peine
réchauffé par ce qui s'échange de plus secret.
Des images pionnières. Des couleurs nutritives. Le pollen des
mots fécondant le livre à venir, ce livre
impossible enroulé vers l'origine d'une phrase unique. Cette phrase immensément désirée. Au-dessus de son reflet, un visage dépouillé de son
mystère.
lundi 14 mars 2016
Il
y a maintenant quelque chose qui recommence à bouger. Un
tremblement dans le vide. Un bourgeon de chair rescapé du
givre qui se réchauffe à partir de rien. Le réveil
d'un regard longtemps fermé par les paupières de la
terre, par des cernes d'écorce. Et ce n'est encore qu'une
sorte de lumière, un reste d'énergie qui s'étonne
d'elle-même. La reprise conjointe de la sève et du sang.
Bientôt des feuilles ou des yeux s'ouvriront avec la lenteur de
l'innocence et la puissance de la foudre.
lundi 1 février 2016
lundi 18 janvier 2016
vendredi 1 janvier 2016
La
cinquième saison.
Tu as été la pulpe sous la cuirasse, la chair rosée
sous les piquants de la bogue. La frondaison bercée sous la
respiration des forêts.
Tu as été la peau sous la caresse. Le sexe fouillant.
L'âcreté du marc sous la langue. La couleur de la moutarde sur
les papilles.
L'épaisseur de la graisse. Un battement affolé dans l'aorte. La fringale blanche
des mots, les grandes épidémies de silence qui sont des
famines dans le ciel de décembre.
La distance mesurée du crépuscule aux estuaires.
Tous
les dépôts à la fois. Tous les élans. La
fuite des lisières. La pureté du ciel qui pénètre
les os troués par les insectes, par les vers. La rouille qui
s'empare de la moelle la plus fraîche.
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